Texte libre

Je ne connaîtrai jamais le bonheur sur terre. Je suis bien trop con.
Raymond QUENEAU

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Pour mieux connaître M

Samedi 25 juin 2005
On est lundi soir et je viens de finir de regarder Le journal de Bridget Jones. Bah oui, je suis une fille donc j’adore ce film. En plus, je suis célibataire, donc j’adore vraiment ce film! En ce moment, je l’avoue, j’ai pas une vie passionnante. Ou plutôt, j’arrive plus à suivre! En fait, je suis complètement à côté de la plaque, ce qui explique que je foire à peu près tout! Merci Bridget, je décide de changer de vie. Enfin pas vraiment, je suis pas assez courageuse pour changer complètement de vie, mais j’essaye juste de me rebooster un peu. Je commence mon journal. Alors non, je ne prends pas un joli carnet parfumé avec des fleurs dessus mais un cahier, petit format - grands carreaux, bleu, le conquérant. Je commence toujours par la date et l’heure. Je trouve ça cool de pouvoir, dans quelques années, me relire et pouvoir bien se foutre de moi! En tout cas, à l’heure actuelle, il est hors de question que quelqu’un me lise! Je dis tout. Où du moins quand j’ai le temps, ou sinon je résume. Mon journal n’est pas ma meilleure amie ni le frère que je n’ai jamais eu, mais plutôt une entité inhumaine qui ne porte - heureusement - aucun jugement sur ce que je lui confie. Il est en effet le seul à conaître mes sentiments, mes peurs, mes points faibles, mes peines de coeur, mes nuits de sexe ou mes rendez-vous galants! Quel veinard! Peut-être qu’un jour je l’abandonnerai dans un train. Ca ne me dérange pas que quelqu’un le lise - du moment que je ne connais pas cette personne, qu’elle ne me connaisse pas non plus et qu’on ne se rencontre jamais. Un peu comme si je faisais un truc sexe à 3.. Bref, ne dérapons pas! Il y a pas longtemps, en rangeant ma chambre j’ai retrouvé des anciens journaux intimes. Alors là, c’était des vrais (des parfumés avec des fleurs). Et puis je racontais plein de trucs, comme aujourd’hui (le sexe en moins! - bah oui, j’étais jeune). Je feuillette, crise de rire: “Rudy c’est le plus beau! Je veux des enfants avec lui! Il m’aime trop en plus!”... Quelques jours plus tard... “Rudy est un con. Mél m’a dit qu’il aurait embrassé cette espèce de grosse Loeiza! Je m’en fous d’abord, parce que et bah Benoît il veut sortir avec moi. C’est Sylvie qui me la dit! Mais bon, dans le fond (et y a que toi qui le sais) c’est Emmanuel que j’aime..” Oh mon dieu!!!!! Comment ai-je pu? Je le pensais vraiment? Un vieux journal retrouvé ne provoque pas que du bonheur, je vous l’assure! Mais dans le fond (et y a qu’à toi que je le dis) c’est tout de même marrant de voir comment on étais avant et surtout qu’on a bien changé! Allez, faut que j’aille raconter ma journée à mon journal..
Par Esperanza
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Jeudi 13 octobre 2005
Des publicités de parfums, une banderole “Ne touchez pas à Cuba”, mon portrait dessiné par un ami de mes parents lorsque j’avais 2 ans, des bougies parfumées, de l’encens à la vanille et à la pomme, un déodorant Nivea anti-traces blanches, un magazine Cosmo, un dvd de Friends, le poster du film Apocalypse Now, une miniature de la Porte de Brandenburg, un gros coquillage pêché à Cuba, une bouteille de Bambu vide, des flacons de parfums (vides et remplis), des chaussettes sales, mes baskets Buffalo, un Code du Commerce, une paire de ciseaux, un spray de Ventoline, un briquet, un tube de gel raffermissant pour les cuisses, une pince à épiler, un agenda rouge, un léopard en peluche, une télécommande, un chargeur de portable, une crème pour les mains, une luciole, un petit beurre en plastique qui sert de sous-verre, un pot de maïs vide, une casquette, un pantalon qu’il faut recoudre, une petite cuillère, l’arbre généalogique des rois d’Espagne, des chaussons Isothoner, un paquet de chewing-gum, une biographie de Philippe II Auguste, trois bouteilles d’eau, un petit lapin en porcelaine qui joue de la guitare, des stylos sans capuchons, des sujets de partiels de la session de juin, un tapis de gym, deux paquets de mouchoirs, des pinces crabes pour les cheveux, une bouteille de dissolvant, un petit chien vert en peluche, un steppeur, un billet de dix pesos, un poster d’Eminem, un calendrier de Barcelone, une veste en jean et un gilet accroché à un porte-manteau, une carte postale à l’éphigie de l’un des “dieux du stade”, la collection complète des films de James Bond, un livre de droit administratif des biens, une paire de maracas provenant de Trinidad, la trilogie Star Wars, un bandana Ibiza Power, une reproduction de Dali achetée au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid, une paire de tongues, une multi-prise, une lime à ongles, un échantillon de fond de teint Estée Lauder, un téléphone portable en voie de disparition, un gel douche Lolita Lempicka, un sac à dos Koala, un bouquin de QCM sur l’Europe et l’Union européenne, un sac rempli de bouchons en plastiques, une pile de vieux Courrier International, une facture Orange, un protège-document, un dictionnaire de latin, une boîte de chocolats, un collier hawaïen, une petite boîte à bijoux, un porte-clefs Diddle..

Faudrait que je range ma chambre...
Par Esperanza
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Lundi 17 octobre 2005
Scotland, c’est mon léopard en peluche. Et oui, je vais avoir 22 ans (le 10 novembre) et j’ai toujours des peluches. Il ne me quitte jamais. Je pars en voyage? Scotland viens avec moi: Madrid, Barcelone, Berlin, Cerbois.. Il a fait de la route. Cette merveilleuse histoire d’amour débuta en novembre 2000, en Ecosse. Lorsque j’étais en terminale, je faisais partie de l’équipe féminine de rugby du lycée et notre entraîneur, Christophe Mendoz (un homme charmant d’ailleurs..), organisa un voyage en Ecosse pour que l’on rencontre d’autres équipes. On était logé à l’hôtel Holiday Inn et j’étais dans la chambre avec Dicko. C’est lors de ce séjour que j’ai pu goûté au célèbre Irish Coffee, que j’ai perdu la chaîne en or de ma mère et que j’ai attrapé une super angine-bronchite! Mais dans l’ensemble, j’en garde un assez bon souvenir. C’est lors de notre attente à l’aéroport que, flanant dans une boutique de souvenir, je vis Scotland pour la première fois. A l’époque, il ne s’appelait pas encore Scotland, mais dès que nos regards se croisèrent, je su qu’entre nous c’était pour la vie. Alors sitôt dit, sitôt fait, je passe en caisse avec ma nouvelle peluche et une boîte de bonbons au Whisky. Les bonbons étaient franchement infectes mais mon léopard est toujours là. Il va bientôt avoir 5 ans.. Je l’adore. Mieux encore, je l’aime! Tout serait parfait si cela ne posait aucun problème à personne, mais ce n’est pas le cas. Mes potes l’aime bien, mes parents l’acceptent pour ce qu’il est vraiment, mes petits copains par contre.. c’est une autre paire de manches! Il y a une sorte de jalousie dans l’air.. Quand je dors avec un garçon, Scotland est là aussi. Je suis consciente que cela fait un peu ménage à trois mais sans mon petit léopard en peluche adoré serré très fort contre moi je n’arrive pas à dormir. Alors oui, même avec un charmant jeune homme à mes côtés, je dors avec mon léopard. Certains on appris à le connaître, à l’apprécier, à l’aimer. D’autres en revanche l’on pris pour un réel rival et m’ont demander de faire un choix. Choix qui ne fut pas à l’avantage des requérants.. Mais là, ce soir, je vous avoue que la situation entre Scotland et moi est pour le moins tendue: demain, c’est jour du bain, jour de lessive..
Par Esperanza
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